حملة مليونية كي لا تنقص أعمارنا
20/03/11
ناس بكري قالوا « حديثك مع اللي ما يفهمكش، ينقص من العمر »… و كما يقولوا ناس تو: « ناس بكري ما خلاو ما قالوا »، لذا بش نشد فاللي قالوه ناس بكري ونحاول نتوسع فيه… هالموضوع المهم اللي هو « الحوار ».
قاعد نشوف الأيامات هذي برشة « حوارات » في الشبكات الإجتماعية، تقوم بالأساس على السب وتطيح القدر، والإتهامات بالرجعية و إلا بالماسونية… ولو كان جينا في تصورنا على علاقة مباشرة بالحرب العالمية الثانية رانا دورانها نازية وهتلر وغيرو… يعني انو النقاشات هذي لكلها غاطسة للعنكوش في ما يسمى بنقطة غدوين.
وغدوين هذا رجل لاحظ انو أي نقاش الأسس متاعو مش واضحة، مآلو عركة، و تستعمل فيه كلمات مشتقة من معجم النازية، وقال إن كيف يوصل الحوار للنقطة هذي، زايد يكمل خاطروا فقد معناه ومعادش فما أمل بش يتصلح. كما قلت، احنا في تونس وعند العرب عموماً ما تعديناش بالفترة النازية بنفس الطريقة متع الغرب (فما فينا حتى شكون مازال يمجد في هتلر)، ولكن عنا برشة نقاط غدوين متاعنا: شد عندك: صهيوني، عميل الغرب، متأسلم، خوامجي، ماسوني، علماني، شلائكي، وين كنت قبل 14 جانفي، ملتف…. إلخ.. هو كيف تجي تشوف الجمل ألي يقولوها أغلبية المتحاورين الهدف منها هو اسكات الاخرين، يعني نموتوا على غدوين! وموش غريب d’ailleurs انو برشة منا مغرومين برنامج « ألإتجاه المعاكس » اللي نعتبرو مثال متع منبر النقاشات البيزنطية والشعبوية الصارخة، إلي تزيدنا عنف وجهل… ولو أن مانيش فهم كيفاش واحد يسمي روحو دكتور ينجم يعمل حاجة مل مستوى هذا.. حاسيلو..
الحديث بالطريقة هذي ما عندو وين يوصل، ما عدا جملة مل إتهامات الاعتباطية، ويولي تضيع وقت وجهد، وينقص بطبيعة من الاعمار متاعنا ويحرمنا هكاكة من عامين تقاعد…
لذا حبيت بمناسبة أني غلبت الكسل متاعي وقررت بش نكتب هالوريقة هذي، أني نذكر بشوية قواعد تعلمناها في المكتب وما لقيناش الفرصة بش نطبقوها:
O لازم كيف ندخلو في حوار، نكونوا متفاهمين على المفاهيم وشنوا نقصدو بها، كل ما الحوار يخرج من إطار الكورة والدلاع اللي مزرقينلو، و يدخل في مواضيع فلسفية شوية (كيما العلمانية)، لازمنا نكونوا نحكيو على نفس الحاجة. خاطر الدلالات تختلف من إنسان لإنسان، وحرام انو الواحد يسب أم واحد أخر ويركب على كرايمو الذنوب وتدور فيها ضرب بونيا… وهما ماهمش يحكيو على نفس الشيء…
O لازم نتعلمو نسمعو ونفهمو الحجج متع بعضنا، بش إنجموا نردو عليها كان ما إقتنعناش بها… وإلا حتى نقتنعو بها ونتبناوها، علاش لا؟
O لازم نقتنعوا انو الحقيقة نسبية، و نقبلو بش نتعلمو مل عباد لخرين وإلا عل أقل نفهموهم علاش يخمموا هكا
O لازم ناخذ بعين الإعتبار المرجعية الفكرية للطرف اللي نحكيو معه: مثال بسيط: واحد مؤمن وواحد ماهوش مؤمن، يتناقشوا في موضوع معين، الإقتصاد مثلاً… يجيشي انو المؤمن يقول للأخر « ربي قال كذا… »؟ الحجة هذي ما تزيد حتى شي في الحوار على خاطر ما تستندش لمرجعية السيد إلي موجهة ليه! لازمنا نعرفو شنية الأرضية المشتركة فالأفكار متاعنا بش نرتكز عليها في النقاشات بش يكون عنا أمل انو نقنعوا، نفيدوا ونستفيدوا.
ولعل أهم حاجة لزمنا نتفكروها هي انو فما فرق بين الإختلاف في الرأي و العرك، وإنو لازم حسن الأخلاق هو اللي يملي تصرفاتنا وكلامنا، وأن اللي يسب أم الأخر الأول هو الظالم وعليه اللوم…
معشر الأنترنت، معاً لتنظيم مسيرة مليونية من أجل عدم تنقيص الأعمار، معاً لنطالب بإرساء مبادئ النقاش البناء!
Langue maternelle et progrès
17/02/11
J’ai rédigé cet article pour la revue de l’association des anciens de l’IPEST: l’Hirondelle
Il y a quelques temps, un enthousiasme sans précédent m’a envahi, pour lancer une initiative qui prétend participer à l’amélioration de l’image de la langue arabe, et ce au sein même de nos sociétés arabophones. Cet enthousiasme me pousse à profiter de cet espace adaien pour partager mes reflexions avec vous.
Bien évidemment, Une langue qui offre des possibilités de progrés culturel et scientifique doit être assez riche léxicalement et une capacité d’extension et d’enrichissement. La maitrise d’une telle langue permet d’élargir les horizons de réflexions et conditionne en quelques sortes les capacités des individus à imaginer, à raisonner, à créer… Je pense qu’une langue comme l’arabe a cette capacité là, cette richesse qui lui permet de passer avec succès l’épreuve du temps.
L’Histoire nous apprend beaucoup de choses. Les traductions de livres « des anciens » ou « des autres » occupent une place clé dans ce que les historiens nous signalent. A chaque fois qu’on parle d’apogée de telle ou telle civilisation, il y a un prérequis d’acquisition de la connaissance depuis une langue étrangère vers la langue maternelle. C’était le cas de la civilisation arabo-musulmane, de l’europe occidentale quelques siècles après.
Réfléchir, faire des raisonnement et faire avancer les sciences (…) dans un espace géographique donné et dans une langue maitrisée par la majorité de la société qui occupe ce même espace ne fait qu’alimenter encore et encore cet élan de création.
PS : si ce texte est en Français, c’est que je n’ai pas de clavier en arabe au moment de son écriture
Point philo: Extrait d’une interview avec Gilles Deleuze (avenir des révolutions et devenir révolutionnaire)
21/01/11
« Toutes les révolutions foirent. Tout le monde le sait : on fait semblant de le redécouvrir, là. Faut être débile ! Alors, là-dessus, tout le monde s’engouffre. C’est le révisionnisme actuel. Il y a Furet qui découvre que la révolution française, c’était pas si bien que ça. Très bien, d’accord: elle a foiré aussi. Et tout le monde le sait ! La révolution française, elle a donné Napoléon. On fait des découvertes qui, au moins, ne sont pas très émouvantes par leur nouveauté. La révolution anglaise, elle a donné Cromwell… La révolution américaine, elle a donné… quoi ? Pire, non ? Elle a donné… je sais pas qui… elle a donné Reagan. Ca ne me parait pas tellement plus fameux. Alors, qu’est-ce que ça veut dire ? On est dans un tel état de confusion. Que les révolutions échouent, que les révolutions tournent mal, ça n’a jamais empêché les gens… ni fait que les gens ne deviennent pas révolutionnaires !
On mélange deux choses absolument différentes… – les situations dans lesquelles la seule issue pour l’homme c’est de devenir révolutionnaire. Là encore, on en parle depuis le début… Finalement: c’est la confusion du Devenir et de l’Histoire. Si les gens deviennent révolutionnaires… Oui: c’est cette confusion des historiens… Les historiens, ils nous parlent de l’Avenir de la révolution, l’Avenir des révolutions… Mais c’est pas du tout la question ! Alors, ils peuvent toujours remonter aussi haut pour montrer que si l’Avenir a été mauvais, c’est que le mauvais était déjà là depuis le début, mais le problème concret, c’est: comment et pourquoi les gens Deviennent-ils révolutionnaires. Mais ça, heureusement, les historiens ne l’empêcheront pas. C’est évident que les Africains du Sud, ils sont pris dans un Devenir révolutionnaire. Les Palestiniens, ils sont pris dans un Devenir révolutionnaire. Si on me dit après: « Vous verrez, quand ils auront triomphé… Si leur révolution réussit, ça va mal tourner ! »… D’abord, ce serait pas les mêmes. Ce ne seront pas du tout les mêmes genres de problèmes. Et puis, bon : ça créera une nouvelle situation, à nouveau il y aura des devenirs révolutionnaires qui se déclencheront… L’affaire des hommes, dans les situations de tyrannie, d’oppression, c’est effectivement le Devenir révolutionnaire, parce qu’il n’y a pas d’autre chose à faire. Quand on nous dit après « Ah, ça tourne mal », tout ça.. : on ne parle pas de la même chose. C’est comme si on parlait deux langues tout à fait différentes : l’Avenir de l’histoire et le Devenir actuel des gens, c’est pas la même chose. »
De l’élitisme
12/12/10
J’ai rédigé cet article pour la revue de l’association des anciens de l’IPEST: l’Hirondelle
Qui d’entre nous, ipestiens, n’a pas entendu dire : « vous êtes l’élite, vous êtes l’espoir d’un avenir meilleur, etc. » ? Ce genre d’affirmations, on en a entendu souvent, à l’entrée de l’IPEST, pendant la scolarité, et peut être un peu moins au moment de l’attribution des bourses d’études.
Je trouve normal que le directeur de l’IPEST ou qu’un orateur cherchant à remplir les bancs de son école d’ingénieurs fassent l’éloge de notre « parcours scolaire » et nous disent ce genre d’affirmations. Que le responsable de l’établissement essaye de motiver les troupes, d’accord. Le problème, c’est quand des étudiants tombent émerveillés en entendant ces mots mélodiques qui flattent leurs égos et qu’ils commencent réellement à le croire pendant le reste de leur existence!
Un des exemples que j’ai personnellement vécu, et qui est en relation avec cette conception élitiste: j’ai été dans un échange de mails avec des personnes que je ne connaissais pas mais avec qui le hasard m’a amené à collaborer. On avait le même âge et un parcours scolaire et professionnel équivalent… et voilà que les gens s’auto-félicitaient, avec des slogans irritants du genre « on est l’espoir d’un pays », « on compte sur nous pour faire évoluer les choses »… et j’en passe !
Plusieurs choses me dérangent dans ce comportement. Ce dont j’ai le plus horreur, c’est qu’entre ces personnes et la modestie, il y a du chemin à faire… Je ne vais pas faire un cours sur la modestie, nous avons tous des expériences de la vie pour que chacun aie un sens de la morale. Ce que je pourrais rappeler, c’est que, dit-on, plus on connait de choses plus on a la capacité de mesurer son ignorance. Que des gens reconnaissent en une personne ses qualités et ses mérites, cela me parait légitime. Par contre, je trouve affilgeant que quelqu’un se définisse comme élite intellectuelle ou scientifique. Cette auto-reconnaissance n’est que le reflet de naiveté et d’arrogance.
Il y a aussi le fait que ce positionnement renforce la médiocrité intellectuelle de ces gens là en les résignant à penser dans la limite d’un spectre d’idées très étroit qu’ils s’imposent eux même. Avoir cette attitude élitiste mène à poser des barrières avec ce qui sort du cadre que la conception de cette élite délimite. C’est rompre avec les idées qui ne proviennent pas de ceux qui ne sont pas considérés « du même niveau ». C’est regarder les choses sous un seul angle, en croyant, bien évidemment, avoir raison.
Je me rappelle bien des derniers mots que nous a dits le directeur de notre école lors de la remise des diplômes : « soyez modestes, et ayez du sens dans ce que vous faites »
Une de plus… What else?
31/05/10
Eh oui, ils ont osé défier la logique pacifiste, et éclipser le peu de confiance qui reste en nous envers les « institutions internationales » en attaquant la flottille de la paix ce matin… Faire une quinzaine de morts parmi la centaine de militants pacifistes ayant tenté d’acheminer de l’aide humanitaire à Gaza, c’est la dernière œuvre « humaine » de « la seule démocratie du moyen orient ».
« on a été attaqués » disent ils ! mais, quel culot ! Ils osent encore se dire victimes ? ils osent encore nous prendre pour des imbéciles ? Ah les méchants pacifistes ! Ils avaient sorti leurs méchants couteaux de cuisine face aux gentils soldats venus leur dire bonjour, alors les gentils soldats ont eu peur et on tiré de gentilles balles!
Durant quelques heures encore, toute la classe politique de la planète montera au créneaux, avec un ton plus ou moins grave, pour demander à Israël d’avoir plus de retenue dans sa gestion de l’affaire de la flottille, de prendre conscience de la résolution machin des nations unis, et tout le bla bla qu’on a eu coutume à entendre à chaque manquement de respect (pour ne pas dire manifestation de délinquance) de la part de l’état voyou. Il y aura au meilleur des cas une séance extraordinaire au conseil de sécurité pour décider une nouvelle résolution à ajouter sur la liste des résolutions non respectés, bien sûr si le véto américain ne parvienne avant que les choses se passent ainsi…
Y a-t-il espoir dans une résolution diplomatique de l’affaire palestinienne ? Pas pour aujourd’hui ! pas tant que l’équilibre des forces ne soit déplacé. Cet équilibre, caractérisé par le déséquilibre des forces en faveur des états unis et leur pion, Israël, va encore durer. Toutes les puissances et toutes les dictatures y trouvent leurs biens, pourquoi changer ?
Le seul vrai espoir réside du côté des citoyens. Ceux qui n’ont pas d’intérêts personnels à ce que cet acharnement sordide sur le peuple palestinien continue. Nous avons au moins deux cartes en main : économique et politique.
La carte économique parce que notre statut de consommateurs nous permet d’exercer notre droit de ne pas acheter les produits israéliens et les produits des multinationales qui les font fabriquer en Israël. cette carte a fait ses preuves par le passé, en Afrique du Sud, il n’y a pas de raison qu’elle ne fonctionne pas dans le cadre du conflit.
La carte politique parce que la légitimité des gouvernements, surtout en occident, émane des citoyens. Faire comprendre aux gouvernements que leur avenir politique est lié aux choix citoyens. Et cela rejoint encore le boycott qui touche les intérêts économiques de ceux qui tirent les ficelles des diplomaties.
Arrêtons notre immobilismes, et soyons unis face aux forces qui incitent à l’immobilisme. Que ce soit au nom de la morale humaniste, ou au nom des commandements divins, chacun de nous est concerné par la souffrance d’un peuple tant martyrisé au nom de l’absurde.





